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Dry-needling la position de Kpten Formation suite à l'avis publié par l'Ordre national des kinésithérapeutes


Rédigé le Lundi 28 Août 2017 à 10:01 | Lu 1386 fois | 0 commentaire(s)



Depuis le mois de juin, nous recevons de nombreuses questions concernant l'avis publié par l'Ordre sur la pratique du dry-needling par les kinésithérapeutes français.
Nous venons de publier une FAQ sur le site de Kpten.

Nous reproduisons l'intégral des questions réponses dans la note ci-dessous.

Foire aux questions concernant le dry Needling et positions de Kpten Formation

1. Qu’est-ce que le Dry-Needling (DN) ? (source : http://www.dgs-academy.com)

Le DN est une technique thérapeutique basée sur les travaux des « Triggers Points » de Travell & Simons datant du milieu du XXème siècle.

C’est une technique de traitement utilisée depuis une quarantaine d’années par des médecins et des physiothérapeutes de nombreux pays du monde qui consiste en l’usage d’aiguilles dans les points triggers myofasciaux.

De plus en plus utilisée par les physiothérapeutes à travers le monde, le DN fait l’objet depuis plusieurs années d’un enseignement en France et pays limitrophes sans que les praticiens français ou exerçant en France sachent s’ils ont la possibilité d’utiliser cette technique.
Le « dry-needling des trigger points » (Trp-DN), littéralement puncture sèche des points gachettes est une technique de traitement dans laquelle une aiguille solide est insérée dans les points gachettes d’un muscle.

Un TrP est un point hypersensible dans un muscle squelettique, associé à un cordon musculaire palpable.

Les caractéristiques d’un TrP à la palpation sont généralement : une douleur caractéristique, une raideur-épaisseur particulière et/ou une dysfonction motrice.


2. Quelles sont les différentes techniques de DN ? (source : http://www.dgs-academy.com)

Il existe principalement 3 techniques différentes de DN :

- le DN superficiel dans lequel l’aiguille est insérée dans la peau, fascia et éventuellement, le muscle en venant sur le TrP.

- le DN profond dans lequel l’aiguille est insérée jusque dans le muscle au sein du TrP à la recherche d’une réponse contractile locale (la « twitch response »). Essentielle pour obtenir un effet dans le DN profond, la réponse contractile locale est un réflexe du niveau médullaire correspondant à une contraction des fibres musculaires du cordon musculaire.

- le DN avec stimulation électrique qui utilise un stimulateur électrique de faible intensité branché sur deux aiguilles de DN du même cordon musculaire. Le courant électrique stimule le muscle en profondeur dans le but de reproduire des réponses contractiles locales.


3. Quels sont les effets du DN ? (source : Barbara Cagnie, Vincent Dewitte, Tom Barbe, Frank Timmermans, Nicolas Delrue, Mira Meeus. Physiologic Effects of Dry Needling. Current Pain and Headache Reports. June 2013, 17:348)

- réduction de la concentration en nocicepteurs chimiques comme la substance P et des peptides en lien avec la calcitonine retrouvés dans l’environnement immédiat de TrP actifs
- amélioration de l’oxygénation tissulaire et du flux sanguin au sein du TrP
- effets sur les mécanismes inhibiteurs descendants de la douleur
- effets placebo
- effets sur la douleur par « gate control »


4. Quelles sont les indications du DN ? (source : ASD – Directives Suisses pour le Dry-Needling sécurisé, Version 1.7 de Novembre 2014)

Le DN peut être appliqué pour traiter des douleurs et des dysfonctions de l’appareil locomoteur de différentes origines.
L’examen des Points Triggers fait partie de la routine d’examen en Thérapie Manuelle Orthopédique et s’inscrit dans une démarche d’analyse raisonnée de la douleur des patients.

Le traitement des Points Triggers myofasciaux est l’application la plus courante du DN. D’autres indications existent, parmi elles : les tendinopathies d’insertion, les douleurs de cicatrice, les douleurs des tissus mous et des contractures musculaires.
Une indication de l’usage du TrP-DN est la présence de TrP myofasciaux généralement associés au Syndrome Myofascial Douloureux (SMD).


5. Quelles sont les différences entre le DN et l’acupuncture ? (source : ASD – Directives Suisses pour le Dry-Needling sécurisé, Version 1.7 de Novembre 2014)

La différence fondamentale repose sur le postulat de base. L’acupuncture s’appuie sur les théories de médecine chinoise. Dans la médecine traditionnelle chinoise, on retrouve des méridiens de circulation d’énergie, et l’existence du « Yin » et du « Yang ». Cette médecine est pratiquée par des médecins spécialisés habilités à réaliser un diagnostic et un traitement spécifique par acupuncture. Elle est interdite aux kinésithérapeutes.
Au contraire, le DN est basé sur des théories scientifiques de la médecine occidentale. Le modèle de l’hypothèse intégrante est actuellement utilisé pour expliquer la pathophysiologie des TrP et l’efficacité du traitement s’explique par des mécanismes neurophysiologiques.
Il s’agit d’un outil thérapeutique permettant aux kinésithérapeutes, après avoir réalisé un bilan et un examen complet, de traiter certaines plaintes du patient.
Le seul point commun entre l’Acupuncture et le DN est l’usage d’aiguilles stériles à usage uniques utilisées chez un patient après la réalisation d’un protocole d’hygiène et de désinfection strict.


6. C’est quoi la David G. Simons Academy ? Qui sont les formateurs ? (source : http://www.dgs-academy.com)

La David G. Simons Academy (DGSA) est un organisme de formation international, pionnier et co-développeur du DN et de la thérapie manuelle des Trigger Points.
L’objectif de la DGSA est de former des physiothérapeutes et médecins selon les plus hauts standards de qualité, et de permettre aux patients de trouver des praticiens compétents pour les aider. La DGSA tient son nom de David G. Simons, co-évricain du livre de renommée universelle « Trigger points Manuals » et co-fondateur de la DGSA. Cet organisme de formation a participé à l’élaboration des standards dans le domaine des Trigger points et attache une importance particulière aux connaissances et consignes de sécurité fondées sur les preuves. Les cours sont certifiés par le label suisse de qualité eduQua.

Les formateurs intervenants chez Kpten sont proposés par la DGSA. Les enseignants de la DGSA ont tous suivi une formation complète sur le traitement manuel et par DN des Trigger Points. Ils sont cliniciens et exercent avec des patients au quotidien et sont pour certains également chercheurs.
Ils ont suivi un programme intense de formation pour devenir formateur : répétiteur de chaque cours à plusieurs reprises au minimum, enseignement progressif des matières sous supervision d’un instructeur sénior, travail quotidien auprès de patients, formation en pédagogie et didactique, participation à des réunions de regroupement entre les enseignants de la DGSA, etc.

Les formateurs de la DGSA pour la France sont : Daniel Bösch, Xavier Conus, Miguel Garcia.
Ils parlent tous le français et la formation est donnée entièrement en français.
Vous retrouverez leur CV sur notre site web (rubrique Intervenants).


7. Est-ce que l’enseignement de la DGSA organisé en France par Kpten est reconnu par le Conseil Départemental de l’Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes ?

A l’heure actuelle, il nous est difficile de répondre à cette question car aucune personne formée et ayant réussi l’examen indépendant n’a pu recevoir l’avis d’un CDO.
Nous ne souhaitons pas prendre l’engagement et la responsabilité d’afficher que nos formations sont « conformes à l’avis rendu par le CNOMK » comme certains organismes de formations l’ont fait sans avoir la garantie que la formation organisée sera validée.
Par ailleurs, nous ne savons pas si l’avis des CDO sera uniforme sur toute la France ou si des interprétations locales seront effectuées.

Nous allons questionner l’Ordre sur ce point.


8. Comment choisir sa formation de DN en France ?

De notre point de vue, le choix de la formation doit s’appuyer sur la qualification des enseignants et sur la reconnaissance du programme de formation. C’est de cette façon que Kpten sélectionne les formations que nous organisons en France.
L’avis du CNOMK s’appuyant sur le travail du Collège de la Masso-Kinésithérapie ne propose qu’un nombre d’heures d’enseignements.
Il n’est pas précisé quelles sont les compétences requises pour enseigner cette technique. Cela sous-entend que « n’importe qui » peut proposer un enseignement du moment qu’il respecte le nombre d’heures proposé par le CNOMK.
Pour nous, il s’agit d’un risque majeur en terme de garantie de qualité de l’enseignement et de sécurité de la technique.
Devenir enseignant de DN ne s’improvise pas en ayant suivi quelques jours de formation sur la technique et en se documentant avec des livres.

Comme indiqué dans la question relative aux enseignants français, les enseignants de la David G. Simons Academy (DGSA) sont formés à l’enseignement selon différents critères d’expertise clinique et pédagogique (réussite à un examen indépendant en DN, expériences professionnelles de DN, répétition des enseignements et supervision par un enseignant senior, meeting inter-enseignants, contrôle qualité par un organisme qualité de l’enseignement Edu-QUA, etc.). Il faut plusieurs années pour former un enseignant de la DGSA et plusieurs centaines d’heures de pratique.
Vérifiez auprès des organismes les CV des enseignants.

D’autre part, l’enseignement de la DGSA est une référence dans de nombreux pays et constitue l’un des programmes reconnu officiellement en Suisse pour l’exercice professionnel.
Il est composé de 3 sessions avant la préparation à l’examen :
- 3 jours (durée 22h30) des 30 muscles les plus fréquemment rencontrés en pratique clinique (ou une formation de 5 jours - durée 37h30 - abordant la technique manuelle et le DN simultanément – cours COMBI) ;
- 2 sessions de 2 jours (durée de 2 fois 15H) sur le quadrant inférieur et supérieur ;
- une journée de préparation à l’examen appelée « Cours Professionnel » (durée 7h).
Après ces journées de formation, il est possible de se présenter à un examen indépendant organisé en France par OMT-France et l’Association Suisse de DN (ASD).
Au total, cela correspond à 59h30 de formation avant le passage de l’examen. Notre programme de formation dépasse le nombre d’heures recommandé par l’avis rendu par le CNOMK (50h).

A l’heure actuelle, nous ne savons pas comment les CDOMK vont évaluer la qualité des enseignants.
Si l’évaluation repose uniquement sur le nombre d’heures de formation, il ne s’agit pas d’une condition suffisante pour protéger les patients d’une mauvaise pratique. Nous allons questionner l’Ordre sur cela et nous nous engageons à maintenir un standard élevé d’exigence pour la sélection des intervenants dans nos formations.


9. En quoi consiste les 14 heures de pré-requis avant de débuter le cursus de formation en DN ?

Ces heures sont censées représenter une amélioration des compétences palpatoires et de repérages des Trigger Points.
Nous ne comprenons pas pourquoi des heures de pré-requis ont été ajoutées au programme de formation de DN en France.
Ce pré-requis appelle plusieurs interrogations :
- les kinésithérapeutes formés en formation initiale ou continue en France sont-ils moins qualifiés que les étudiants physios formés en Suisse ou dans d’autres pays où ce pré-requis n’est pas exigé ?
- si un kinésithérapeute a reçu cet enseignement dans sa formation initiale ou en formation continue dans un programme spécifique (thérapie manuelle, traitement musculaire, massage, technique de Jones, etc.), est-ce valide ?
- comment démontrer ces heures de pré-requis et quel doit être leur contenu ?
- qui valide ce pré-requis ?
- la responsabilité revient-elle aux organismes de formation ou aux kinésithérapeutes qui souhaitent se former de suivre ce pré-requis ?

De notre point de vue, ces heures surchargent le coût de l’enseignement pour les participants.
Le recul qu’à la DGSA au niveau international depuis 1995 n’a pas montré que la formation manuelle était un préalable au DN.
De plus, ce programme est suffisant pour l’exercice du DN en Suisse.

Nous pourrions aisément nous conformer à cette demande et facturer des heures de formation supplémentaires aux kinésithérapeutes français.
Mais à l’heure actuelle, sans compréhension des arguments qui ont justifié ce pré-requis, nous ne proposerons pas ces heures dans notre programme car nous souhaitons proposer des formations accessibles financièrement et de qualité.



10. Est-ce que l’avis de l’Ordre sous-entend que le DN est efficace ?

L’avis du CNOMK s’appuie sur des arguments juridiques / déontologiques précisant que le DN s’inscrit dans le cadre d’une « technique de physiothérapie destinée à obtenir un effet de relaxation neuro-musculaire et antalgique » et qu’elle est « communément utilisée par les physiothérapeutes de nombreux pays ».
Nous sommes en effet, le seul pays d’Europe de l’ouest à ne pas réaliser de DN.
Cet avis ne constitue pas une preuve scientifique de l’efficacité de la technique mais un argument juridique pour l’utilisation de cette technique par les kinésithérapeutes en France.
Cela constitue une avancée pour la profession et pour cette technique.

L’analyse des publications sur le sujet ou la publication d’une revue de littérature est du ressort des sociétés savantes.


11. J’ai été formé à l’étranger, dois-je refaire la formation en France ?

D’après l’avis rendu, pour avoir l’autorisation de pratiquer en France, l’organisme de formation doit signer la charte de qualité auprès du CNOMK.
Cela amène plusieurs interrogations :
- cette obligation excluera-t-elle toutes les personnes formées dans des pays extérieurs à la France ?
- des praticiens ayant une autorisation de pratiquer le DN dans leur pays doivent-ils suivrent une formation complète ? partielle ? Et qui évaluera cela ?
- quelle est la valeur de la charte de formation déclarative du CNOMK en terme de qualité de formation au DN ?
Alors que le CNOMK appuie son avis sur la mise à niveau de la France par rapport aux autres pays, la question du devenir des physiothérapeutes formés et autorisés à exercer dans ces autres pays est capitale.
Nous allons interroger le CNOMK sur ce point précis.


12. Est-ce que l’Ordre va recenser les praticiens en DN sur son site comme c’est le cas d’autres pays ?

Sauf erreur de notre part, le CNOMK n’a pas communiqué sur ce sujet. La plupart des pays autorisant le DN ont établi un registre des pratiques et des pratiquants.
En France, cette tâche est du ressort de l’Ordre professionnel.
Ce type de registre permet aux patients d’être informés de la qualification des thérapeutes et de signaler des évènements indésirables ayant pu être rencontrés. Il permet également aux thérapeutes de signaler ces évènements.

Kpten organise des cours de DN depuis 5 ans (2012) et nous recevons des demandes régulières de professeur de sport, d’ostéopathes, étiopathes ou chiropraticiens souhaitant suivre nos formations.
Nous refusons ces inscriptions car nous sommes habilités à enseigner uniquement pour les professionnels de santé inscrits au code de santé publique.

Avec la prolifération des formations de DN en France, nous nous inquiétions de l’arrivée d’un flux important de participants non professionnels de santé qui vont souhaiter se former.
Nous nous demandons si cette pratique va être réservée aux kinésithérapeutes en France ?

De notre point de vue, le CNOMK devrait enregistrer les personnes ayant réussi l’examen organisé par OMT-France et l’Association Suisse de Dry-Needling (premier examen organisé en Décembre 2016) ou tout autre examen validant national.
Le CNOMK aurait également pu déléguer la gestion de l’évaluation et de la qualité de l’enseignement à une association indépendante constituée de kinésithérapeutes spécialisés dans le DN.



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