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Lettre ouverte : Histoire en 3 actes expliquant comment reprendre le travail de physiothérapeutes étrangers et entraver leur enseignement en France.



© Image by rawpixel from Pixabay
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Contexte

Kpten Formation importe principalement des programmes reconnus à l’étranger depuis sa création. C’est notre cœur d’activité de faire venir en France des intervenants et programmes de formation étrangers.
Nous ne reprenons pas de séminaires déjà enseignés car nous voulons apporter des compétences nouvelles plutôt que d’entrer en compétition de marketing avec des concurrents dont certains ne se privent pas de reprendre le travail des autres sans en avoir les compétences.
Nous apportons donc une attention toute particulière dans la sélection de nos programmes à la fois sur le contenu et leur reconnaissance internationale ainsi que sur le CV des intervenants.

Concernant le dry-needling, nous avons importé en 2013 pour la première fois en France les programmes de dry-needling selon l’approche Suisse offert par l’Académie Simons (DGSA) qui a plus de 25 ans d’expérience sur le sujet. Notez-bien qu’il existe des approches australiennes, nord-américaines, asiatiques, etc. L’approche Suisse est, pour Kpten Formation, la plus performante en terme de recherche et de développement mais aussi en terme de contrôle qualité (Label eduQua, label PhysioSwiss).
Nous nous sommes également appuyés sur la certification existante en Suisse et développée par l’Association Suisse de Dry-needling (ASD) pour réaliser l’examen des compétences de fin de formation qui a près de 15 ans d’expérience en Suisse (médecins et physiothérapeutes de différents pays viennent chercher cette certification en Suisse ou l’ASD la développe dans différents pays). Cette association recense les praticiens, tient un registre des incidents et donne des directives pour les compétences à acquérir auprès des organismes de formation. La majorité des pays dans le monde demande un examen de certification pour la pratique du dry-needling par les physiothérapeutes/kinésithérapeutes.
Les premiers diplômés français de l’ASD ont été certifiés fin 2016 (en partenariat avec une association indépendante française : OMT-France).

Acte 1

En juin 2017, l’Ordre des kinésithérapeutes (CNOMK) a émis un avis sur la pratique en confiant au collège de la masso-kinésithérapie (CMK) la mise en place de la reconnaissance des compétences (pièce-jointe <AVIS-CNO-n2017-01.pdf>).
Le programme « proposé » dans l’avis du CNOMK s’appuie essentiellement sur le programme de la DGSA sans la citer (3 jours de cours sur les 30 principaux muscles, puis 2 fois 2 jours de cours sur les extrémités). Cela a permis à plusieurs organismes de formation de pouvoir reprendre le format de cours de la DGSA sans demande de copyright ou même une simple citation de l’approche suisse et le plus souvent sans aucune certification des enseignants pour enseigner ou pratiquer le dry-needling.
Acte 1 de la reprise de l’expertise de plusieurs dizaines d’années d’expérience de physiothérapeutes sans les citer ni les remercier.
avis_cno_n2017_01.pdf AVIS-CNO-n2017-01.pdf  (303.74 Ko)

Acte 2

Depuis 2017, une dizaine de conseil départementaux ont reconnus le droit d’inscription sur la plaque secondaire de la pratique du dry-needling pour plusieurs dizaines de kinésithérapeutes formés chez Kpten Formation et ayant passé l’examen de l’ASD. Les conseils départementaux ont reconnu ces kinésithérapeutes car Kpten Formation a signé la « Charte » de l’Ordre et les praticiens ont réussi l’examen de l’ASD qui est une structure indépendante de Kpten Formation comme demandé sur le document signé par le CNOMK (pièce-jointe <CourrierOrdreKptenF> « la spécificité accordée au kinésithérapeute lui sera reconnue par l’ordre, à condition qu’il obtienne et valide l’examen commun aux formations de dry needling organisé par un organisme indépendant de Kpten Formation »).

En juin 2018, le CNOMK a mis à jour son avis pour empêcher la pratique sur les patients entre les sessions de formation (pièce-jointe <AVIS-CNO-n2018-01>). Pour s’adapter à cette nouvelle contrainte, la DGSA a mis en place des cercles de qualité pour permettre aux kinésithérapeutes de travailler entre eux sous supervision et développer leur compétence gestuelle. A l’heure actuelle, nous ne savons pas comment les autres organismes de formation garantissent un nombre d’heures de pratique entre les sessions avant de pouvoir monter sur les cours avancés. Nous n’avons aucune réponse officielle de la part de l’Ordre ou du CMK sur la manière de gérer la pratique entre les sessions de formation auprès des patients et cela, malgré de nombreuses relances.
A noter aussi que le programme « proposé » par le CNOMK devient le programme unique et obligatoire pour le CMK. Le CMK devenant, de fait, l’organisme expert pour définir le programme d’enseignement du dry-needling en France. Notez bien que les avis du CMK sont validés par des associations spécialisées dans d’autres domaines que le dry-needling (syndicats professionnels, associations professionnelles sur l’épaule, la main, le vestibulaire, la kinésithérapie respiratoire, etc.).

En juin 2019, le CMK publie un avis rétro-actif (sans information préalable) concernant le droit à la reconnaissance de la pratique du dry-needling en France. Toutes les personnes formées avant le 31 décembre 2018 (et terminant avant le 15 septembre 2019) devront demander une validation de leur exercice sur dossier sans AUCUN examen pratique. Le CMK préfère prendre le risque de laisser plusieurs centaines de kinésithérapeutes exercés le dry-needling sans aucun examen plutôt que de reconnaître l’existence et la qualité de l’examen de l’ASD qui est pourtant en place et reconnu par différents conseils départementaux de l’Ordre. C’est irresponsable. La probable motivation principale est d’empêcher la reconnaissance de l’examen de l’ASD en France.
De plus, cet avis rétro-actif précise que les praticiens formés à partir du 01 janvier 2019 devront passer obligatoirement et exclusivement l’examen du CMK. Pour information, la plupart des participants inscrits à nos séminaires en 2019 se sont inscrits entre mars et octobre 2018.
L’examen du CMK reprend en grande partie l’examen de l’ASD avec 60 questions de QCM pour l’examen théorique et si réussite possibilité de passer l’examen pratique sur 2 muscles devant un jury. Par contre, l’examen de l’ASD comprend un médecin dans le jury (une différence notable dans le monde médical) alors qu’il n’y en a pas à l’heure actuelle pour le futur examen proposé par le CMK. L’examen de l’ASD comprend dans le jury des experts praticiens reconnus au niveau international alors que nous ne savons toujours pas qui sera expert en France pour une pratique si récente. Le CMK souhaite également distribuer à tous les organismes de formation les questions et les réponses des QCM, ce qui va permettre le bachotage des candidats. Tous ces éléments nous laissent penser que l’examen du CMK est une version dégradée de l’examen de l’ASD.

Acte 2 de la reprise de l’expérience d’une dizaine d’années de physiothérapeutes sans les citer ni les remercier: reprendre quasiment le format de l’examen de l’ASD sans citation et pas de reconnaissance par le CMK de l’examen de l’ASD qui est actuellement le plus reconnu en Europe.
Par ailleurs, nous remarquons que le CMK ne se prive pas d’utiliser des experts ayant réussis l’examen de l’ASD (sans la citer) pour évaluer les dossiers et facturer 150€ chacun d’eux.
Evaluer les programmes auraient fait faire des économies aux kinésithérapeutes, la majorité des dossiers étant identiques vu le peu de programmes différents disponibles en France. Cela concerne, pour notre part, autour de 500 kinésithérapeutes. Nous vous laissons faire le calcul pour UN dossier identique à déposer et à examiner.
courrierordrekptenf.pdf CourrierOrdreKptenF.pdf  (176.4 Ko)
avis_cno_n2018_01.pdf AVIS-CNO-n2018-01.pdf  (631.78 Ko)

Acte 3

Parallèlement, les formateurs n’ayant pas de reconnaissance du CMK ne pourront plus enseigner un programme reconnu par le CMK. Cela signifie que les intervenants suisses qui ont importés le programme en France ne pourront pas enseigner un programme en France reconnu par le CMK car ils n’exercent pas en France (pièce-jointe <Charte-Ordre-KptenF> « formateurs remplissant les conditions légales et réglementaires d’exercice de la profession »). Ils ne pourront pas non plus être examinateur en France (pièce-jointe <Avis_2019_02_membres_du_jury> « L’examinateur doit être masseur-kinésithérapeute en condition légale d’exercice en France »).
Acte 3 de la reprise de l’expertise de plusieurs dizaines d’années de physiothérapeutes sans les citer. Par contre, ils sont maintenant remerciés en étant exclus.

Monopole à la française

Parallèlement, une vingtaine d’organismes de formation ont lancé des formations suivant le modèle unique du CMK et en suivant le monopole de l’examen que le CMK souhaite mettre en place en France en 2020. Ils sont pour la plupart dans les clous en suivant au pied de la lettre les directives du CMK et sont impatients de la mise en place de l’examen du CMK. Ils n’ont aucun intérêt à reconnaître l’examen de l’ASD qui est, actuellement de notre point de vue, plus difficile.

Kpten Formation défend le fait que l’examen de l’ASD devrait continuer à être reconnu par les conseils départementaux de l’Ordre comme c’est le cas jusqu’à maintenant pour une dizaine d’entre eux et par différents pays européens.
Nous avons adressé notre profond désaccord auprès du CMK sur l’absence de certification pratique et la validation unique d’un dossier jusqu’en 2019 qui entraîne un risque pour les patients et dégrade le niveau d’exercice professionnel.
Nous regrettons que les dimensions politiques soient devenues supérieures à l’intérêt du patient et au développement de l’expertise. Actuellement, sur sept membres du conseil d’administration du CMK, cinq sont formateurs auprès de l’INK et la présidence qui devait être tournante entre syndicat et société savante est restée auprès de la même personne qui a changé de casquette de la FFMKR à la SFRE (pièce-jointe <2016.06.24 CR AG-CMK.pdf> et lien vers le CA du CMK 2019).
2016_06_24_cr_ag_cmk.pdf 2016.06.24 CR AG-CMK.pdf  (190.89 Ko)

Soutien et perspectives

Nous ne pourrons pas défendre seul les valeurs d’expertise, de respect du travail des formateurs et des examinateurs et de l’exigence de qualité que Kpten Formation souhaite porter en France. Avec, cette lettre ouverte, nous espérons vous avoir informé sur la manière dont est gérée ce dossier. Si vous souhaitez soutenir ces valeurs, nous vous invitons à vous regrouper en adhérant auprès des structures syndicales de la profession et en adhérant auprès des associations spécialisées de dry-needling existantes et en y portant ces valeurs par différents moyens.

Pour les participants en cours de formation ou ayant réussi l’examen de l’ASD, nous vous invitons à écrire auprès de vos conseils départementaux pour expliquer que l’examen de l’ASD a déjà été reconnu par une dizaine de conseils départementaux. Vous pourrez nous faire suivre les réponses pour que nous vous assistions en cas de difficulté. Nous avons également sollicité un avocat spécialisé en droit public pour nous aider à défendre notre position.

Si vous souhaitez soutenir Kpten Formation vous pouvez écrire aux différentes structures pour exprimer votre soutien.

Merci également d’avoir lu cette lettre ouverte jusqu’au bout.
Bien confraternellement.

Pierre Trudelle
Directeur de Kpten Formation.
| Lu 1309 fois |


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